Les origines de la «United
Society of Believers in Christ’s Second Appearing», plus connue sous
le nom de Shakers, remonterait au 17 siècle et aux Camisards. Ces
premiers calvinistes français prospérèrent dans le sud de la France
et prirent leur nom du mot provençal «camiso» pour chemise.
Plus tard, ayant perdu leur guerre contre l’armée de
Louis XIV en 1706, certains des survivants durent s’enfuir en
Angleterre. Ces exiles continuèrent de prêcher leurs croyances, en
influençant fortement certains groupes de Quakers, ou Société des
Amis, fondes antérieurement par George Fox en 1652. A Manchester,
Angleterre, l’un de ces groupes mené par James Wardley, abandonna
les Quakers pour constituer son propre groupe, connus sous les nom
de Wardley Société et «Shaking Quakers».
Ainsi nommés en raison de la pratique extatique de leur culte, où
lors d’une marche dansante, ils devaient trembler et se secouer, au
point parfois de tomber en transe pour certains. Anne Lee joignit la
société en 1758, devenant une des adeptes qui se faisait le plus
entendre, et qui fut arrêtée à plusieurs reprises pour troubles de
l’ordre public.
Pendant l’une
de ces incarcérations, elle eut des visions lui révélant comment
l’humanité pouvait trouver le salut à travers la pureté. Elle fit
part de ces révélations à la société ; c’est sans doute à la suite
de cela, en 1770, qu’elle fut élue Leader de la Société, et connue
sous le nom de Mère Ann.
Suite à une
nouvelle vision, 4 ans plus tard, elle quitta l’Angleterre pour
l’Amérique, avec 7 disciples. Leur idée était d’établir une Société
Utopiste Communautaire, une conception très en vogue à l’époque.
Prônant les vertus de l’égalité des sexes, de la tolérance, du
pacifisme, de la pureté, ils gagnèrent de nombreux adeptes
enthousiastes, atteignant au début du 19 siècle le nombre d’environ
4000 membres. Malheureusement, mère Ann mourut en 1784, sans pouvoir
assister à l’aboutissement de son œuvre.
Le déclin
s’amorça après la guerre civile américaine, et il ne restait plus en
1900 que 1000 disciples. Aujourd’hui, certaines des communautés
d’origine ont été transformées en musées. La dernière communauté en
exercice poursuit sa voie avec un nombre restreint de fidèles à
Sabbathday Lake Maine.
La vie des
Shakers était ordonnée de façon stricte par des lois englobant tous
les aspects de la vie quotidienne. Ces lois étaient nommées ‘lois
du millenium’.
Cependant,
celles-ci étaient révisées de temps en temps, reflétant la capacité
d’adaptation des Shakers face à un monde en mouvement. Cela était
nécessaire, car en raison de l’attachement des Shakers au célibat,
la survie du mouvement ne dépendait que des recrues extérieures.
Heureusement
pour nous, leur recherche de la perfection sur terre n’est plus de
mise aujourd’hui mais elle nous a laissé un témoignage durable, sous
forme de mobilier. En supprimant tout ornement inutile, en
condamnant la beauté pour la beauté, les Shakers se sont quand même
inscrits dans ce qui se faisait de plus beau en matière de mobilier.
‘Toute beauté
qui n’est pas basée sur son utilité, devient vite répugnante, et
nécessite son remplacement continuel par quelque chose de
différent’.
En se
concentrant sur la forme et la fonction, ils avaient certainement
150 ans d’avance sur leur époque ; ils étaient les précurseurs du
mouvement moderne.
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